Un nouveau film traite de l'exode des Juifs du Maroc dans les années 1960
"Al-Hana" (le Bar), qui raconte l'histoire de la migration des Juifs
marocains vers Israël dans les années 1960 après l'indépendance du
Maroc, et des effets qui s'ensuivirent sur les résidents non Juifs,
sortira sur les écrans début 2007. Bien que le réalisateur Hassan
Benjelloun affirme que son film ne véhicule aucun message spécifique,
il montre que les Juifs et les Musulmans ont créé une culture au sein
d'une seule et même société. Bien que ce film montre de grands nombres
de Juifs quittant Abi Al-Ja'd, d'autres, tels que Schlomo, refusent de
fermer leur commerce et de partir avec les autres, parce qu'il se pense
que ses racines sont au Maroc.
La jeune star du cinéma
Rabie Kati a déclaré à Magharebia que travailler avec le réalisateur
Benjelloun était "comme la découverte d'un réalisateur pour un acteur
et d'un acteur pour un réalisateur". Al-Qati avait déjà joué dans "Abu
Al-Janna" et dans un certain nombre de séries télévisées syriennes et
égyptiennes à la télévision arabe. Il a parlé de "Al-Hana" à
Magharebia.
Magharebia: Parlez-nous de votre rôle dans "Al-Hana"
Rabie Kati:
Je joue le rôle de Hassan, qui a une relation forte avec une famille
juive marocaine vivant dans la ville de Abi Al-Ja'd. Il est très proche
du patriarche de la famille, Schlomo, un voisin que Hassan considère
comme le père qu'il a perdu. Hassan tombe également amoureux de la
fille de Schlomo, qui travaille dans le bar de son père. Ce film
dépeint la plus grande émigration de l'histoire du Maroc au XXème
siècle, celle des Juifs vers Israël. Il parle des effets de cette
migration en termes humains, de ce que les habitants de Abi Al-Ja'd ont
dû endurer. Alors que des liens de fraternité et de co-existence les
avaient liés, près de 200 000 Juifs disparurent du jour au lendemain.
Magharebia: Quelles ont été vos impressions en travaillant à un film à côté de Juifs marocains ?
Kati:
En tant qu'homme, je n'ai ressenti aucune différence. Nous formions une
équipe d'acteurs marocains, et les affiliations religieuses ne
comptaient pas. Il y avait une grande compréhension et une forte
sensibilité. Aucun de nous, du réalisateur au plus petit acteur, qu'il
soit juif ou musulman, ne souhaitait faire passer un message
particulier. Nous voulions jouer des rôles basés sur la réalité
historique de la vie au Maroc, qui avait vu la plus grande migration de
Juifs vers Israël, et le plus grand crime commis contre les Juifs
marocains, qui partirent sans savoir ce qui les attendait. Cette
migration était comme un voyage vers un mirage.
Magharebia: Avez-vous été satisfait de votre rôle ?
Kati:
Oui. Bien que je sois encore débutant et entame ma carrière, j'ai, dès
le début, pu choisir les rôles dans lesquels je me sens à l'aise.
"Al-Hana" est basé sur un script intelligent et met en scène de bons
acteurs. Chacun travaille en équipe avec les techniciens et les
assistants.Je crois que le résultat satisfera grandement le public
marocain.
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