Dans la région, certains pays comme l’Arabie Saoudite, l’Iran, le
Yémen, la Jordanie et l’Irak exécutent plus de 10 personnes chaque
année. D’autres comme le Maroc, la Tunisie ou l’Algérie, n’ont pas
exécuté depuis plus de dix ans. Mais aucun des pays de la région n’a
aboli la peine de mort à ce jour.
Maroc
La dernière exécution remonte à 1993. Aujourd’hui, 130 prisonniers,
dont 7 femmes, sont détenus dans les couloirs de la mort marocains. Les
derniers condamnés à mort l’ont été pour terrorisme.
Arabie Saoudite
En 2006, selon Amnesty International, 38 personnes auraient été
exécutées en Arabie Saoudite. La flagellation y est pratiquée -
notamment à l’encontre des homosexuels - ainsi que la décapitation au
sabre.
Algérie
La dernière exécution a eu lieu en 1993. La dernière condamnation à
mort (par contumace) remonte à janvier 2006. Elle a été prononcée à
l’encontre de l’auteur d’un livre très critique vis à vis de l’armée
algérienne. La torture est régulièrement dénoncée par les organisations
des droits de l’Homme. La peine de mort a été maintenue dans le nouveau
code pénal algérien, adopté fin 2006.
Tunisie
La dernière exécution remonte à 1991. En Tunisie, les délits capitaux
sont l’homicide, la violence et l’agression, les attentats à la sûreté
intérieure et extérieure de l'Etat. Cependant, le Président Bien Ali
accorde presque systématiquement la clémence aux condamnés à mort.
Jordanie
Seize crimes sont passibles de la peine capitale en Jordanie, suite à
une réforme visant à réduire le champ d’application de la peine de
mort, adoptée en août dernier. Mais les condamnations sont relativement
fréquentes, notamment pour terrorisme.
Syrie
La peine de mort est appliquée en Syrie, mais aucune information fiable
ne filtre. Dans les années 1980, les autorités ont reconnu avoir
autorisé la pendaison de 150 opposants politiques par semaine. En 2002
et 2003, elles ont déclaré avoir procédé à 27 exécutions « au moins ».
Yémen
Environ 1000 personnes se trouveraient dans les couloirs de la mort
yéménites. Au Yémen, de nombreuses infractions sont passibles de la
peine de mort, notamment à caractère politique. Ces dernières années,
beaucoup de condamnations ont visé des terroristes. Les exécutions se
déroulent en public : le condamné est allongé le visage contre le sol
et tué d’un coup de fusil.
Irak
En Irak, la peine de mort avait été suspendue par la coalition
américano-britannique, mais a été rétablie en août 2004 par le
gouvernement provisoire irakien. Depuis, plus de 140 condamnations ont
été prononcées, et 60 exécutées, dont 53 pour la seule année 2006,
selon Amnesty International.
Egypte
En Egypte, les crimes graves sont jugés par des tribunaux d’exception
et des tribunaux militaires qui ne respectent pas les droits de la
défense. Alors qu’elle avait exécuté plus de 200 personnes entre 1990
et 2000, l’Egypte a eu moins recours aux exécutions ces dernières
années. En 2006, deux exécutions ont été rapportées, les premières
depuis 2004.
Libye
En Libye, l’actualité de la peine de mort se concentre sur l’affaire
des infirmières bulgares et du médecin palestinien. La dernière
exécution remonterait à 2007, mais des condamnations ont été prononcées
depuis cette date.
Bahreïn
L’émirat a repris les exécutions cette année en fusillant trois
immigrés asiatiques. Il n’avait pas exécuté depuis 1996 et, avant cela,
n’avait appliqué qu’une seule condamnation à mort, en 1977. La reprise
des exécutions est donc d’autant plus inquiétante.
Emirats Arabes Unis
La dernière exécution remonte à 2002, mais des condamnations ont été
prononcées depuis cette date. Dans les Emirats, la famille de la
victime peut suspendre la peine de mort si la famille de l’auteur du
crime paye la Diyya, le « prix du sang ». Des mutilations sont
infligées pour certains crimes, notamment l’amputation pour vol.
Qatar
La dernière exécution remonte à 2003. Aucune autre n’a été signalée
depuis, mais fin 2005, 10 personnes ont été condamnées à la peine
capitale pour tentative de coup d’Etat. En 2001, la Qatar avait repris
les exécutions après les avoir suspendues pendant plus de 10 ans.
Oman
En 2001, au moins 14 personnes ont été fusillées, mais aucune exécution
n’a été rapportée depuis cette date. Le sultanat applique la peine
capitale selon la Charria. Les condamnations à mort doivent être
décidées à l’unanimité par les juges.
Koweït
La dernière exécution remonte à novembre 2006. Elle porte à 71 le
nombre de personnes pendues ou fusillées au Koweït depuis
l’introduction de la peine de mort dans le pays en 1964.
Territoires palestiniens
En Palestine 3 types de législations sont appliqués : la législation
jordanienne en Cisjordanie, la loi égyptienne à Gaza, et la loi de
l'Organisation pour la Libération de la Palestine (l’OLP), dans le
reste du territoire. Les exécutions ont repris en 2005 dans les
territoires alors que la dernière remontait à 2002.
Aucun des 22 pays de la région n’a aboli la peine de mort. Le Maroc, la
Tunisie, et l’Algérie n’exécutent plus depuis plus de dix ans, mais
condamnent toujours à la peine capitale. D’autres, comme l’Arabie
Saoudite, exécutent des dizaines de condamnés chaque année. Que les
réformes soient en cours, ou qu’elles semblent encore bien loin, il
faut comprendre aujourd’hui pourquoi la peine de mort est en vigueur
dans tous les pays de la région. Pour la voir, peut-être, abolie demain.
Au Maroc, les anciens détenus des "années de plomb"
du régime de Hassan II sont aujourd'hui les fers de lance de la société
civile. Pour ces hommes et ces femmes qui ont connu l'univers carcéral
de très près, le Maroc doit abolir la peine de mort. Des signes
encourageants proviennent des associations, médias, partis politiques
et, de manière moins affirmée, du Palais royal. Le Maroc sur la voie de l'abolitionAu Maroc, la
société civile, composée en grande partie d'anciens détenus des "années
de plomb" du régime de Hassan II, est très mobilisée sur la question de
la peine de mort. Les médias, eux aussi s'engagent. Mais dans le
royaume chérifien, la décision ultime revient au roi.
Officiellement, le Roi ne s’est jamais prononcé sur cette question,
mais nous restons convaincus qu’il est de notre côté», dit Youssef
Madad, confiant. Le secrétaire général adjoint de l’Observatoire
marocain des prisons veut y croire : son pays va abolir la peine de
mort. Lui qui lutte depuis plusieurs années pour que la peine capitale
disparaisse du code pénal marocain, a les yeux rivés sur le palais
royal. Et il n’est pas le seul. «Notre beau et jeune roi, le meilleur
des monarques, que Dieu lui donne longue vie à lui et à son fils»,
souffle ainsi Najia. Enfermée depuis une dizaine d’années dans la
prison de Settat, Najia est l’une des sept femmes condamnées à mort au
Maroc. A Maroc hebdo international, il y a peu, elle déclarait n’avoir qu’un seul espoir : la grâce royale.
Comme elle, ils sont 127 à attendre leur exécution dans les prisons
marocaines. A peser sans cesse leurs chances de s’en sortir. Dans la
balance : le fait que le jeune Roi Mohamed VI n’a jamais signé de
décret d’exécution depuis son accession au trône, en 1999. Le fait que
la dernière exécution remonte à 1993, et qu’une grâce royale est
toujours envisageable. Enfin, le fait que de l’autre côté des murs, les
membres de la société civile font tout leur possible pour lancer le
débat, et accompagner le Maroc vers l’abolition.
Khadija Rouissi est de ceux-ci. Militante des droits de l’homme depuis
l’adolescence, elle a vu ses frères «disparaître» les uns après les
autres sous les «années de plomb» du régime de Hassan II, avant d’être
elle-même arrêtée et torturée. Sa jeunesse, elle l’a passée entre la
vie réelle et la prison de Kénitra, où étaient enfermés les détenus
politiques, et où sont emprisonnés la plupart des condamnés à mort
marocains. Aujourd’hui, elle est en contact avec beaucoup d’entre eux.
Elle leur parle au téléphone. «On ne peut en aucun cas leur enlever de
la tête qu’ils vont être exécutés, dit-elle. Oui, il faut abolir, et ne
pas se contenter de l’absence d’exécutions : il faut prendre en compte
la gravité de la situation de ces gens.»
Mais au Maroc, les réformes prennent du temps. C’est en d’autres termes
la réponse du ministre de la Justice marocain, Mohamed Bouzoubaa, à la
député Nouzha Skalli. En novembre 2005, Nouzha Skalli avait osé
interpeller ouvertement le ministre sur l’abolition de la peine de
mort. «En trois mots, il m’a répondu : «Je partage vos convictions,
mais la société doit être prête à l’accepter». Il faudrait donc qu’il y
ait un véritable débat et que le gouvernement soit sûr que la société
va bien accueillir l’abolition», explique la députée du Parti du
Progrès et du Socialisme.
Des partis politiques s’engagent
C’est en partie ce à quoi la Coalition marocaine contre la peine de
mort travaille. Créée en octobre 2003 à Casablanca, elle rassemble sept
ONG phares de la société civile marocaine, et œuvre à la mobilisation
des hommes politiques. «Depuis la conférence internationale de
Casablanca en 2003, nous assistons à une véritable avalanche
d’initiatives allant dans le sens de prises de position favorables à
l’abolition», se félicite Youssef Madad. Dernier en date : l’USFP, le
parti socialiste marocain, qui s’est prononcé pour l’abolition de la
peine de mort le 10 novembre 2006. Et à ses côtés, le Front des forces
démocratiques, qui a présenté un projet de loi abolissant la peine de
mort.
Mais la mobilisation ne s’arrête pas là. La presse, qui hésite de moins
en moins à franchir les «lignes rouges» définies par le pouvoir, s’est
emparée du sujet. Le 10 octobre dernier, journée mondiale contre la
peine de mort, l’abolition de la peine capitale était dans tous les
titres. Le 5 avril 2005, c’est sur la deuxième chaîne marocaine, 2M,
que l’émission «En direct avec vous» avait osé aborder le sujet.
«Longtemps évité, refoulé, frappé du sceau du tabou, le débat lors de
cette émission a non seulement permis de consacrer le droit à
l’information, mais aussi de toucher une large frange de l’opinion
publique», se souvient Youssef Madad. Avaient accepté d’y participer :
un avocat abolitionniste, une autorité religieuse et… le conseiller du
ministre de la Justice. Le débat est donc à prendre au sérieux.
Il faut pourtant aller plus loin, encore. «J’ai l’impression que la
société n’est pas ouverte au débat, regrette Khadija Rouissi. Il faut
plus de sensibilisation, parce que quand on parle de torture et de
peine de mort, les gens pensent encore que cela sert à quelque chose».
Un avis partagé par Nouzha Skalli. «De temps en temps, le débat est
présent, mais il n’est pas approfondi. Il est consensuel, et provoqué
par les associations. Les milieux spécialisés ont bien avancé sur la
question de la peine de mort, mais dans la société profonde, on ne peut
pas dire qu’il y ait débat». Le poids de la menace terroriste
La député, figure abolitionniste de la première heure, se souvient du
dernier grand débat sur la peine de mort au Maroc. «L’affaire Tabet».
Du nom du commissaire Tabet, dont le souvenir est inscrit dans toutes
les mémoires au Maroc. Chef des Renseignements généraux de Casablanca,
il avait usé de son pouvoir pour violer des centaines de jeunes femmes.
L’affaire était sordide, et présentée comme telle. «A ce moment là,
personne n’a songé à regretter que la peine de mort soit appliquée à
cet homme. Donc le débat n’a pas été posé. Et depuis, il n’y a pas eu
d’événement marquant pour relancer le débat», analyse Nouzha Skalli,
qui avait, elle, exprimé son opposition à la peine de mort à l’époque.
Le commissaire Tabet est la dernière personne à avoir été exécutée au
Maroc. C’était en 1993.
Que faire, alors, aujourd’hui, pour que les choses s’accélèrent ? La
question préoccupe les acteurs des droits de l’Homme. Pour Youssef
Madad, de l’Observatoire marocain des prisons, il faut encore attendre.
«Personnellement, je ne vois aucun obstacle à ce que le Maroc abolisse,
c’est une question de temps, et comme le temps est précieux, mon pays
doit avoir le courage de jouer un rôle de leader dans le monde arabe.
Car en fin de compte, c’est une décision politique noble et nous
pensons que les conditions y sont favorables».
Mais il reste encore des obstacles. Et de nouveaux enjeux se
présentent. Retournons en 2003. Pour les abolitionnistes, c’est la
naissance de la coalition marocaine. Pour le Maroc, c’est tout autre
chose. Le 16 mai 2003, cinq attentats terroristes frappent le cœur de
Casablanca, et tuent 45 personnes. Quelques jours plus tard, le Maroc
adopte une loi antiterroriste. Elle aggrave les peines prévues pour les
actes terroristes et multiplie les cas pouvant justifier la peine de
mort. Le débat sur l’abolition de la peine capitale prend une toute
autre tournure.
«Aujourd’hui, nous sommes dans un Maroc menacé, comme beaucoup
d’autres, par le terrorisme. Et cela va constituer un obstacle. Le
problème, c’est : comment dire que la peine de mort ne sert pas à
lutter contre le terrorisme, comment convaincre les autorités et avoir
un lobbying assez fort ?», s’interroge Khadija Rouissi. «L’abolition,
on en est très près, et très loin à la fois», poursuit la militante,
qui se demande quel « déclic» fera basculer son pays. L’abolition, déjà dans les couloirs du Palais ?
Nouzha Skalli, elle, critique le manque de volonté politique.
«Peut-être que pour les politiques, il n’y a pas urgence. Rien ne dit
que la décision va arriver. Mais elle peut arriver si les pressions de
la société sont assez fortes», estime-t-elle. Ce qui a pour l’instant
été envisagé par le ministre de la Justice, c’est une abolition «par
étapes», avec une réduction progressive du nombre de crimes passibles
de la peine de mort - qui s’élève aujourd’hui à 1176, selon maître
Abdellah El Oulladi.
Le Palais royal semble également ouvert à une telle possibilité.
L’abolition de la peine de mort est débattue au sein du Conseil
consultatif des droits de l’Homme, une instance créée par le Roi Hassan
II, et qui dépend du Palais. Il s’agit donc d’un débat interne. Dans
les couloirs du pouvoir, et sous un secret bien gardé, l’idée de
l’abolition semble faire son chemin, petit à petit. Une situation qui
pourrait ressembler à celle qui a précédé la réforme du code du statut
personnel (Moudawana), initiée par la Roi il y a quelques années, et
qui a garantit plus de droits aux femmes marocaines.
Car en général, le Palais préfère obtenir un consensus interne avant
d’annoncer publiquement une réforme. A l’époque de la réforme de la
Moudawana, il s’agissait de trouver un point d’accord entre les
associations de défense des droits de la Femme, et les membres des
courants islamistes. Il pourrait aujourd’hui, s’agir d’un schéma
identique. Pour l’instant, dans le débat sur la peine de mort, la
question de l’islam n’a pas été soulevée.
Interrogée sur la question, Nouzha Skalli hésite un instant. Puis
s’interroge : «c’est peut-être ça le point d’interrogation, parce qu’on
peut s’attendre à une réaction de la part des islamistes si le Maroc
décide d’abolir la peine de mort. Ce serait cela, le non dit du
blocage, ou de l’hésitation que l’on sent du côté des autorités». Alors
que faire, encore une fois ? Mobiliser la société, approfondir le
débat, et le porter devant le Parlement, certes. Mais ne pas oublier
qu’au Maroc, les réformes avancent à leur rythme. Et que ce rythme est
dicté de très haut. Au-delà de cette mobilisation, il n’y a donc sans
doute qu’une solution : attendre, et garder les yeux rivés sur le
Palais…
Prisonniers de guerre soviétiques dans le camp de concentration de Mauthausen. Autriche, janvier 1942. UNE MOSAÏQUE DE VICTIMES
Les
nazis ne persécutèrent pas que les Juifs. On retrouve parmi les
premières victimes des discriminations nazies en Allemagne des
opposants au régime -principalement des communistes, des socialistes,
des sociaux-démocrates et des syndicalistes. En 1933, les nazis
créèrent le premier camp de concentration à Dachau en tant que centre
de détention pour prisonniers politiques. Les nazis persécutèrent
également des écrivains et des artistes juifs ou ceux dont les œuvres
étaient considérées comme subversives.
Les Juifs furent la cible principale des nazis, mais les nazis devaient s'en prirent également aux 1Tsiganes pour des motifs raciaux. L'interprétation légale des 2Lois de Nuremberg
de 1935 (selon lesquelles les Juifs étaient définis par les liens du
sang) fut plus tard étendue également aux Tsiganes. Les nazis
qualifièrent les Tsiganes de fainéants, d'"asociaux", d'improductifs et
d'inadaptés sociaux. Les Tsiganes déportés dans le ghetto de Lodz
furent parmi les premiers tués par camions à gaz dans le camp de 3Chelmno en Pologne. Les nazis en déportèrent aussi au camp d'Auschwitz-Birkenau, où beaucoup périrent dans les 4chambres à gaz.
Les nazis considéraient les Polonais
et autres Slaves comme inférieurs, et les avaient voués à
l'assujettissement, au travail forcé peut-être à l'anéantissement. Les
Polonais (intellectuels et prêtres catholiques compris), considérés
comme idéologiquement dangereux, furent la cible d'une opération connue
sous le nom d'AB-Aktion. "L'ordre des Commissaires" visait les
fonctionnaires de haut niveau de l'Etat soviétique et les commissaires
politiques du Parti communiste ; il ordonna leur assassinat au moment
de l'invasion allemande à l'Est. Les prisonniers de guerre soviétiques
firent l'objet d'un traitement particulièrement brutal ; plus de trois
millions moururent au cours des opérations des Einsatzgruppen (unités mobiles de tuerie) et lors de leur détention.
Les nazis incarcérèrent les dirigeants de l'Eglise aussi bien que les 1Témoins de Jehovah qui avaient refusé de saluer Adolf Hitler ou de servir dans l'armée allemande (Wehrmacht). Dans le cadre du 2programme d'euthanasie, les nazis assassinèrent des personnes jugées mentalement ou physiquement "handicapées". Les nazis persécutèrent aussi les 3homosexuels,
dont le comportement "impur" était considéré comme un obstacle à la
conservation de la "race" allemande. Les homosexuels considérés comme
non réformables furent emprisonnés dans des camps de concentration,
comme le furent les individus accusés de comportement "asocial" ou
criminel.
Ossi était le plus jeune des six enfants d'une famille de Tsiganes ... ...les temoignages Ossi Stojka
Autriche 1936
Ossi était le plus jeune des six
enfants d'une famille de Tsiganes catholiques qui voyageait en
roulotte. Leur caravane passait l'hiver à Vienne, la capitale de
l'Autriche, et l'été dans la campagne autrichienne. Les Stojka
appartenaient à un clan tsigane appelé les Lowara Roma ; ils gagnaient
leur vie comme marchands de chevaux itinérants. Les ancêtres d'Ossi
avaient vécu en Autriche pendant plus de deux siècles.
1933-39:
Ossi avait deux ans quand l'Allemagne annexa l'Autriche en mars 1938.
La roulotte de la famille Stojka était garée pour l'hiver sur un
terrain à Vienne lorsque les Allemands entrèrent dans la ville. Ils
ordonnèrent aux Tsiganes de rester enfermés dans leurs roulottes. Les
Stojka durent transformer leur roulotte en maison de bois et se faire à
l'idée de devenir sédentaires.
1940-44: Les Tsiganes furent
contraints de se faire inscrire comme membres d'une "race" différente.
Lorsque Ossi eut cinq ans, les Allemands prirent son père. Puis, ils
emmenèrent sa soeur, Kathi. Enfin, Ossi et le reste de sa famille
furent déportés dans un camp Nazi réservé aux Tsiganes, à Birkenau. Il
y avait peu à manger, des navets principalement. Le petit Ossi
contracta le typhus et fut conduit dans les baraquements réservés aux
prisonniers malades. fours crématoires."
A l'infirmerie Ossi ne reçut aucun traitement médical. Il mourut du typhus et de malnutrition. Il avait sept ans.
Le Mémorial de la Shoah, un outil pour le temps présent
Le Mémorial de la Shoah a ouvert ses portes au public en janvier
2005, rue Geoffroy l'Asnier, sur le site du Mémorial du Martyr Juif
Inconnu. Installée au tournant du « siècle des génocides », ouverte
sur le siècle nouveau, cette institution neuve est un pont jeté entre
les femmes et les hommes contemporains de la Shoah et ceux qui n'ont
pas vécu, ni directement ni par la médiation de leurs parents, cette
période historique. Inscrit dans la continuité du CDJC et du
Mémorial Juif du Martyr Inconnu, le Mémorial de la Shoah n'en constitue
pas moins une nouvelle étape de la transmission de la mémoire et de
l'enseignement de la Shoah, qui étaient jusqu'alors essentiellement
portés par les témoins directs de l'extermination des Juifs d'Europe. Pourquoi
et comment « enseigner la Shoah » au XXI ème siècle ? Ces questions
sont au cœur de la mission du Mémorial, au cœur du travail des
historiens, chercheurs comme formateurs, qui animent la vie de ce lieu
de rencontre entre tous les publics, grand ouvert sur les nouvelles
générations. Centre de ressources, première archive d'Europe sur la
Shoah, le Mémorial est aussi un « musée de la vigilance » conçu pour
apprendre, comprendre et ressentir, parce qu'il est nécessaire de
construire encore et toujours « un rempart contre l'oubli, contre un
retour de la haine et le mépris de l'homme », selon les mots d'Eric de
Rothschild, président du Mémorial.
Madame
Ségolène Royal vient de nous montrer, que Nicolas Sarkozy est un homme
d’extrême gauche et que Jean-Marie Le Pen est un démocrate de gauche.
Bravo
madame d’avoir remis les choses à leur place. Maintenant les électeurs
de Monsieur Le Pen savent que leur chef est un démocrate.
Je n’ose même pas imaginer ce que la presse française aurait dit, si Monsieur Le Pen avait prononcé la même chose.
Il
est vrai qu’en France la presse étant de gauche, cela aide beaucoup
madame Royal (+70% des journalistes) tous les médias confondus.
Heureusement
qu’il y a internet et les blogs, car s’il fallait compter sur cette
presse lèche bottes, pour être informé on pourrait attendre longtemps!!!
Cette semaine Ségolène Royal a réussi à montrer aux vieux éléphants du PS qui était le chef.
Je peux les rassurer, il n’y a pas qu’eux qui ont peur maintenant.
Faudra-il encore voter Chirac au deuxième tour des présidentielles, pour faire barrage à la fureur de Ségolène Royal.
J’espère que nous ne serons jamais obligés d’écrire fureur comme ceci (führer).
Elle a renvoyé implicitement son adversaire de droite, Nicolas Sarkozy, dans le camp des héritiers du "colonialisme".
En difficulté en métropole, Mme Royal a tenu un discours de combat
devant quelque 400 partisans massés sous la halle du marché de
Fort-de-France."Vous pouvez comptez sur moi, je suis une femme debout",
s'est-elle exclamée. "Les souvenirs refont surface (...), mon combat retrouve tout son
sens", a déclaré la candidate, qui a passé trois années de son enfance
à la Martinique.
La candidate du PS a la présidentielle a prôné "une
république accueillante à tous les siens et qui ne tolère plus aucune
discrimination", une "République qui doit ouvrir les bras à tous".
Faisant plusieurs fois référence à l'ancien président François
Mitterrand, elle s'est faite l'avocate intransigeante de "la République
du respect", célébrant "la liberté, l'égalité, la fraternité", mais
aussi "le respect des identités". "Le métissage est une chance pour la
France. Je serai la présidente de la République de la France métissée",
s'est-elle exclamée.
Elle a rappelé qu'en 1978, lors d'un stage à la préfecture de
Fort-de-France à sa sortie de l'ENA, elle avait demandé à rencontrer
Aimé Césaire, le poète chantre de la négritude et figure de
l'anti-colonialisme, fondateur du Parti progessiste martiniquais. Une
visite qui lui fut, a-t-elle dit, "interdite" par "l'Etat français et
la droite de l'époque". Cette France-là "a-t-elle vraiment changé
?", s'est-elle demandé. "Cette demande de rendez-vous a dû être
inscrite sur ma fiche des Renseignements généraux", a-t-elle ironisé,
faisant allusion à la violente polémique qui l'oppose à Nicolas Sarkozy
autour de l'enquête des RG sur son entourage.
Cette année, Ségolène Royal a été adoubée par Aimé Césaire, président
d'honneur de son comité de soutien local. En dépit de ses 96
ans, l'ancien maire de Fort-de-France a tenu à raccompagner Mme Royal
sur le perron de l'ancien Hôtel de Ville, après un bref entretien. Il a
exprimé sa "confiance" à la candidate socialiste, disant son
"espérance" en sa victoire en mai prochain. "Nous te soutenons
fortement, massivement", a dit Aimé Césaire, appelant les Martiniquais
à voter en masse en avril-mai, alors que la participation n'avait pas
franchi 40 % à l'élection de 2002. "Il faut aller voter, sortir de
chez vous", les a-t-il adjurés.
"Ségolène" s'est engouffrée dans la brèche de la loi de février 2005
dont l'article 4, évoquant "le rôle positif" de la colonisation, avait
provoqué la colère à la Martinique. Clamant haut et fort ses
valeurs, elle a ainsi voulu se ranger dans le camp du "progrès" face au
"néo-colonialisme", renvoyant ainsi implicitement son adversaire de
droite, Nicolas Sarkozy, dans le camp des héritiers du
"colonialisme". Elle s'en est pris à "l'exécrable loi votée par la
droite sur les soi-disant bienfaits de la colonisation", dénonçant une
"lecture révisionniste de l'histoire".
En décembre 2005, le ministre de l'Intérieur avait dû repousser de
quelques mois sa visite en Martinique devant le mécontentement suscité
par la loi. Il était finalement venu quelques mois plus tard. Sur cette
île, le concept de "discrimination positive" du candidat de l'UMP
suscite de l'inquiétude.
Réagissant aux propos de la représentante socialiste, l'UMP a appelé la
candidate socialiste à "davantage de réflexion" dans ses propos sur la
colonisation, condamnant "avec la plus grande fermeté les attaques
indignes" prononcées par Mme Royal. Le parti majoritaire a rappelé que
le PS "a apporté son soutien clair et explicite à la notion de 'rôle
positif de la présence française Outre-Mer". "La suppression de
l'article litigieux a en revanche été le fait d'une décision
gouvernementale", rappelle le parti de Nicolas Sarkozy.
Attaques sur le front économique et social La visite de Ségolène Royal à Fort-de-France avait commencé
par la visite du couvent Saint-Joseph de Cluny, où elle a été élève.
Depuis, l'établissement privé est devenu mixte. A son arrivée, des
écolières en chemisier blanc et jupe écossaise plisséeont entonné une
chanson sur un air de comédie américaine. "Nous sommes enchantées",
ont-elles fredonné. "Un moment magique et très précieux", a remercié la
candidate.
Lors d'un meeting à La Trinité, elle a attaqué les "méthodes peu
regardantes" de la droite. Elle a refusé d'être "complice de la
dégradation du débat public", qu'elle a imputée aux proches du
"ministre-candidat", Nicolas Sarkozy. Elle promis de maintenir "le
niveau et la qualité du débat présidentiel". Devant plus de 1500
personnes réunies face à l'Atlantique, elle a repris à son compte
l'accusation d'un élu local pour qui elle est devenue "pour la droite
(...) la femme à abattre". Une allusion à l'affaire de note des RG et à
la révélation d'un canular de l'humoriste Gérald Dahan (au cours duquel
il s'était fait passer auprès d'elle au téléphone pour le premier
ministre du Québec).
Sans le nommer, elle s'en est également prise à Jacques Chirac, symbole
à ses yeux "de l'exemple de la transgression qui vient d'en haut et qui
reste impuni". "Depuis plusieurs mois, en cette fin de règne
interminable, ceux qui devraient avoir le sens de l'Etat le détournent,
ceux qui devraient normalement assurer la vérité la transforment, ceux
qui devraient garantir la transparence et le bon fonctionnement des
institutions manquent à tous leurs devoirs et utilisent même les
services de l'Etat à des fins personnelles", a-t-elle accusé.
Au Lamentin, Ségolène Royal a combattu vigoureusement plusieurs
propositions de Nicolas Sarkozy dans le domaine économique et social.
"J'entends qu'il faudrait repousser la retraite jusqu'à 70 ans ou
faire payer le début d'accès à la santé, ou que les gens se
débrouillent s'ils n'ont pas assez d'argent et qu'ils fassent des
heures supplémentaires...", s'est insurgée la candidate PS à l'élection
présidentielle dans une allocution à la mairie du Lamentin.
"On va permettre aux patrons que l'heure supplémentaire coûte moins
cher que la première heure travaillée d'un chômeur que l'on aurait
recruté", a protesté Ségolène Royal. "Non à la franchise médicale qui
va faire reculer la couverture médicale et la sécurité sociale, non à
l'anarchie dans le chacun pour soi", a-t-elle poursuivi. Je dis non à
ce recul des solidarités, je dis non à ce recul des services publics
avec la suppression de moyens dans l'école, la santé, les transports
publics". "La République rétablira ces solidarités", a-t-elle conclu.
Le 27 janvier est l'anniversaire de
la libération d'Auschwitz. En 1951, la Knesset a décrêté que le 27
Nissan serait le jour de souvenir de la Choa et de la bravoure
(guévoura).
Etats-Unis, 2006
De Todd Field
Scénario : Todd Field & Tom Perrotta, d’après le roman de Tom Perrotta Avec Kate Winslet, Patrick Wilson, Jennifer Connelly, Jackie Earle Haley, Phyllis Somerville Photo : Antonio Calvache Musique : Thomas Newman Durée : 2h10
Sarah est une jeune mère de famille
endormie par sa vie banlieusarde qui ne lui convient pas et sa routine
de sorties au parc. Son quotidien va basculer avec l’arrivée d’un
nouveau voisin, ancien roi du bal au lycée.
JEU D’ENFANT
On en connaît chaque pâté de maisons de cette banlieue proprette au vernis qui craque, du totem American Beauty en passant par une multitude d’autres représentants, on pense en avoir fait le tour, mais Little Children, nouveau film du réalisateur Todd Field découvert avec In the Bedroom,
parvient à imposer sa propre voix. D’abord par sa façon de peindre les
questions liées au sexe: l'obsession de la castration du voisin, la
passion comme une fièvre, le sentiment maladif et coupable - chaque
situation est essorée et traitée intelligemment sur le ton de la fable.
Une voix-off distanciée, ses archétypes, et une ironie qui entoure le
destin de ses personnages, grands enfants aux rêves de lycéens skaters
ou jeune mère versée dans le bovarysme, tandis que les vrais gamins
eux, sont les témoins incrédules de ce charivari sentimental. Ce ton
apporte quelque chose en plus à Little Children, comme si au
traitement habituel était ajoutée quelque cuillère de Daniel Clowes,
plus acide, plus cruel, plus douloureux, à l’image de ce qui constitue
peut-être le meilleur du film, le portrait d’une mère et de son fils
pédophile (Jackie Earl Haley, magnétique), murène monstrueuse dans la
piscine et loup du quartier, une situation tragique dont Field
retranscrit la complexité.
LE GRONDEMENT DE LA MONTAGNE
Sans cesse le roulement du train se fait entendre au loin, grondement
infatigable qui encercle le décor et aliène, étouffe, comme les
milliers de figurines disposées dans le salon et les horloges à coucou
au tic-tac obsédant, jusqu’à ce qu’elles soient, dans un accès de rage,
réduites en miettes. Sarah paraphrase Flaubert et parle de "soif, de soif de changement, et [du] refus d’accepter une vie malheureuse",
son amour est une fièvre comme dans un sonnet de Shakespeare,
adolescent l’amour d’une mère de famille pour son voisin parfait, roi
de la promo qui la renvoie à ses grandes espérances, dessinant du doigt
ses courbes sensuelles et réveillant sa libido à coups de bassin dans
la buanderie familiale. Mais il manque une fin au sonnet: "Mon amour
est une fièvre, désirant encore Ce qui continue à entretenir la
maladie, Se nourrissant de ce qui nourrit le mal, Pour plaire à
l’incertain appétit maladif: Ma raison, le docteur de mon amour, En
colère que ses ordonnances ne soient pas suivies, M’a abandonné. Et
moi, désespéré, maintenant découvre Que le désir est la mort, ce que le
docteur proscrit". La fièvre dans le sang se glace lors d’un
dénouement où Field se montre bien moins habile et se prend les pieds
dans son récit. Mais les deux premières heures, amples et dynamiques,
et leur sentiment d’urgence, sont captivantes
The Illusionist
Etats-Unis, 2006
De Neil Burger
Scénario : Neil Burger d'après la nouvelle de Steven Millhauser Avec Edward Norton, Paul Giamatti, Jessica Biel, Rufus Sewell, Eddie Marsan Photo : Dick Pope Musique : Philip Glass Durée : 1h50 Sortie : 17 Janvier 2007
Donnant un spectacle devant le
tout-Vienne de la fin du XIXe siècle, le magicien Eisenheim demande un
volontaire pour son prochain tour. Désignée par son fiancé, le Prince
héritier, Sophie monte sur scène. Eisenheim reconnaît alors l'amour de
sa jeunesse.
WITHOUT A TRACE
Son premier film Entretien avec un assassin
étant au mieux passé inaperçu, au pire ayant laissé un mauvais
souvenir, il est étonnant de voir Neil Burger à la tête d'un film dont
l'histoire est plutôt alléchante et qui promet une vraie ambiance, et
surtout d'un casting masculin de choix. C'était trop beau pour être
vrai: quelle déception de voir Edward Norton,
dans un rôle ambigu pourtant parfait pour lui, avoir l'air de s'ennuyer
ferme, face à un Paul Giamatti qui nous ferait presque oublier à quel
point il est magistral dans La Jeune Fille de l'eau.
Ils ne sont pas aidés par le jeu outrancier de Rufus Sewell ni par
Jessica Biel - en quête de crédibilité - qui fait… ce qu'elle peut. L'Illusioniste
est avant tout une histoire d'amour, à laquelle, à cause de cette non
direction d'acteurs, on ne croit pas un instant, les réactions
anachroniques des personnages finissant de trahir un scénario mal
fagoté. Le réalisateur fait tout de même des efforts, surtout
esthétiques (grâce à un directeur photo à la patte affirmée), non sans
flirter avec un rendu amateur, et réussit à dégager une certaine
torpeur, une aura de mystère, une atmosphère aussi pesante pour les
spectateurs qu'elle l'est pour les protagonistes. Quand il s'attarde
sur les tours de magie, nous devenons les spectateurs ébahis du grand
Eisenheim, intrigués jusqu'au bout. La toute dernière partie du film
fera office de réveil, le rythme s'accélérant enfin, mais
malheureusement, elle déçoit par sa prévisibilité. On ne peut
s'empêcher de penser qu'en d'autres mains, cette adaptation aurait pu
devenir un drame romantique passionnel et ténébreux, un cousin de Moulin Rouge!…
Dans les temps turbulents précédant la chute de la légendaire
civilisation Maya.
Jeune père porteur de grandes espérances, chef de son petit village,
Patte de Jaguar vit une existence idyllique brusquement perturbée par
une violente invasion. Capturé et emmené lors d'un périlleux voyage à
travers la jungle pour être offert en sacrifice aux Dieux de la Cité
Maya, il découvre un monde régi par la peur et l'oppression, dans
lequel une fin déchirante l'attend inéluctablement. Poussé par l'amour
qu'il porte à sa femme, à sa famille et à son peuple, il devra
affronter ses plus grandes peurs en une tentative désespérée pour
retourner chez lui et tenter de sauver ce qui lui tient le plus à
coeur.
TOKYO (AFP) : Incarné par Tom Cruise sous les traits d’un mercenaire
yankee, "Le Dernier Samouraï" a bel et bien existé. C’était un
instructeur d’artillerie français, Jules Brunet, dont l’épopée nippone
n’a rien à envier à la fiction hollyoodienne.
Comme Nathan Algren, le héros du film d’Edward Zwick,
Brunet était un capitaine, engagé pour moderniser l’armée du Japon à la
fin du 19ème siècle, au moment de la Restauration Meiji (1868). Comme
Algren, Brunet se battra contre les nouvelles troupes de l’empereur sur
fond de guerre civile, de trahison et de renversements d’alliance. Et
comme lui, il s’en sortira sain et sauf, après un sanglant baroud
d’honneur de ses "élèves" et frères d’armes samouraïs dont la cause est
condamnée par la modernisation.
Plus incroyable encore, il fondera une éphémère
"République" autonome à Hakodate, sur l’île de Hokkaïdo, dernier fief
des partisans du shogun Yoshinobu Tokugawa écrasés par les forces
impériales.
Quasi inconnu en France, Brunet est pourtant un
personnage hors du commun, polytechnicien, magnifique soldat mais aussi
aquarelliste talentueux. Il est décrit comme "intelligent, distingué,
vif, doué pour le dessin, homme du monde". Photos et gravures montrent
un homme grand, élancé, la fière moustache Second Empire, un soupçon
d’arrogance dans le regard.
Avant d’être envoyé dans l’Archipel, il a pris part à la désastreuse expédition du Mexique, avec les soldats de Maximilien.
Nommé capitaine en 1867, à moins de 30 ans, il fait
partie de la première mission militaire de la France au Japon. A la
demande du shogun, cette mission formera sept régiments d’infanterie,
un bataillon de cavalerie et quatre bataillons d’artillerie, soit
10.000 hommes. Britanniques et Américains soutiennent, eux, "le parti
hostile aux intérêts français" en instruisant l’armée de l’empereur
Meiji, signale Brunet.
Quand, vaincu, le shogun Tokugawa restitue le pouvoir à
l’empereur fin 1867, la mission française n’a plus de raison d’être.
Officiellement, la France est neutre. Certains membres de la mission
décident néanmoins de rester avec leurs "élèves" pour organiser la
résistance de l’armée des "bakugun", les derniers samouraïs fidèles au
shogun.
Déserteur de fait, Brunet écrit à Napoléon III qu’il
est "décidé à mourir ou bien à servir la cause française en ce pays".
Mais après la dispersion de leur escadre dans une tempête fin 1868, les
forces de l’ex-shogun vont essuyer revers sur revers.
Brunet se replie à Hakodate, sur l’île d’Ezo, avec
l’amiral de la flotte Takeaki Enomoto et une poignée de Français. Là,
Enomoto sera élu président d’une "République indépendante d’Ezo" qui
durera six mois et sera brièvement reconnue, de facto, par les
puissances étrangères.
La résistance des samouraïs s’effondre au printemps
1869. L’infanterie impériale débarque à Hakodate, bombardée depuis la
mer et la terre, et balaie le dernier carré rebelle. Retranchés dans
une forteresse à la Vauban, les 800 insurgés survivants, submergés, se
rendent le 30 juin.
Moins glorieusement, dès avant la reddition, Brunet a
pris la fuite et trouvé refuge sur un bateau français ancré au large de
Hakodate. Le gouvernement impérial réclame son arrestation. Après de
nombreuses péripéties, il rentre en France, y est jugé, condamné
légèrement par la cour martiale, et doit quitter l’armée à la fin 69.
Son histoire ne s’arrête pas là. Réhabilité, il reprend
du service en 1870 et est fait prisonnier à Metz par les Prussiens. Il
participe aux combats de la Commune, côté versaillais. Il finira
général de division.
"Les Japonais le connaissent, ils savent qu’il y a eu
des Français à Hakodate et que la France a soutenu le dernier shogun",
explique Christian Polak, 54 ans, hommes d’affaires et érudit, installé
à Tokyo depuis 30 ans, qui a retrouvé la trace de Brunet au Japon et sa
famille en France.
"Ca a été toute une aventure, pendant trois, quatre
ans, de Tokyo à Sèvres, de Versailles à Casablanca pour finir par
retrouver, grâce au bottin, sa descendante à Paris"
Alchimie, ésotérisme et hermétisme
Dans la grande tradition d’Hermès
Ce
livre de la grande tradition alchimique et ésotérique, contient les clé
du langage analoque d’Hermès permettant d’en décrypter les mystères.
Par Dom Antoine-Joseph Pernety
Préface.
La Philosophie considérée en général a pris naissance
avec le monde, parce que de tout temps les hommes ont pensé, réfléchi,
médité ; de tout temps le grand spectacle de l’Univers a du les frapper
d admiration, et piquer leur curiosité naturelle. Né pour la société,
l’homme a cherché les moyens d’y vivre avec agrément et satisfaction ;
le bon sens, l’humanité, la modestie, la politesse des moeurs, l’amour
de cette société, ont donc dû être les objets de son attention. Mais
quelque admirable, quelque frappant qu’ait été pour lui le spectacle de
l’Univers, quelque avantage qu’il ait cru pouvoir tirer de la société,
toutes ces choses n’étaient pas lui. Ne dût-il pas sentir, en se
repliant sur lui-même, que la conservation de son être propre, n’était
pas un objet moins intéressant ; et penserait-on qu’il se soit oublié,
pour ne s’occuper que de ce qui était autour de lui ? Sujet à tant de
vicissitudes, en but à tant de maux ; fait d’ailleurs pour jouir de
tout ce qui l’environne, il a sans doute cherché les moyens de prévenir
ou de guérir ces maladies, pour conserver plus longtemps une vie
toujours prête à lui échapper. Il ne lui a pas fallu méditer beaucoup
pour concevoir et se convaincre que le principe qui constitue son corps
et qui l’entretient, était aussi celui qui devait le conserver dans sa
manière d’être. L’appétit naturel des aliments le lui indiquait assez :
mais il s’aperçut bientôt que ces aliments, aussi périssables que lui,
à cause du mélange des parties hétérogènes qui les constituent,
portaient dans son intérieur un principe de mort avec le principe de
vie. Il fallut donc raisonner sur les êtres de l’Univers, méditer
longtemps pour découvrir ce fruit de vie, capable de conduire l’homme
presque à l’immortalité.
Ce n’était pas assez d’avoir aperçu ce trésor à travers
l’enveloppe qui le couvre et le cache aux yeux du commun. Pour faire de
ce fruit l’usage qu’on se proposait, il était indispensable de le
débarrasser de son écorce, et de l’avoir dans toute sa pureté
primitive. On suivit la Nature de près ; on épia les procédés qu’elle
emploie dans la formation des individus, et dans leur destruction. Non
seulement on connut que ce fruit de vie était la base de toutes ses
générations, mais que tout se résolvait enfin eu ses propres principes.
On Se mit donc en devoir d’imiter la Nature ; et sous
un tel guide pouvait-on ne pas réussir ? à quelle étendue de
connaissances cette découverte ne conduisit-elle pas ? Quels prodiges
n’errait-on pas en état d’exécuter, quand on voyait la Nature comme
dans un miroir, et qu’on l’avait à ses ordres ?
Peut-on douter que le désir de trouver un remède à tous
les maux qui antigène l’humanité, et d’étendre, s’il était possible,
les bornes prescrites à la durée de la vie, n’aie été le premier objet
des ardentes recherches des hommes, et n’aie formé les premiers
Philosophes ? Sa découverte dut flatter infiniment son inventeur, et
lui faire rendre de grandes actions de grâces à la Divinité pour une
faveur si signalée. Mais il duc penser en même temps que Dieu n’ayant
pas donné cette connaissance à tous les hommes, il ne voulait pas sans
douce qu’elle fût divulguée. Il fallut donc n’en faire participants que
quelques amis ; aussi Hermès Trismégiste, ou trois fois grand, le
premier de tous les Philosophes connus avec distinction, ne le
communiqua-t-il qu’à des gens d’élite, à des personnes dont il avait
éprouvé la prudence et la discrétion. Ceux-ci en firent part à d’autres
de la même trempe, et cette découverte se répandit dans tout l’Univers.
On vit les Druides chez les Gaulois, les Gymnosophistes dans les Indes,
les Mages en Perse, les Chaldéens en Assyrie, Homère, Talés, Orphée,
Pythagore, et plusieurs autres Philosophes de la Grèce avoir une
conformité de principes, et une connaissance presque égale des plus
rares secrets de la Nature. Mais cette connaissance privilégiée demeura
toujours renfermée dans un cercle très étroit de personnes, et l’on ne
communiqua au reste du monde que des rayons de cette source abondance
de lumière.
Cet agent, cette base de la Nature une fois connue, il
ne fut pas difficile de l’employer suivant les circonstances des temps
et l’exigence des cas. Les métaux, les pierres précieuses entrèrent
dans les arrangements de la société, les uns par le besoin qu’on en
eut, les autres pour la commodité et l’agrément. Mais comme ces
derniers acquirent un prix par leur beauté et leur éclat, et devinrent
précieux par leur rareté, on fit usage de ses connaissances
Philosophiques pour les multiplier. On transmua les métaux imparfaits
en or et en argent, on fabriqua des pierres précieuses, et l’on garda
le secret de ces transmutations avec le même scrupule que celui de la
panacée universelle, tant parce qu’on ne pouvait dévoiler l’un sans
faire connaître l’autre, que parce qu’on sentait parfaitement qu’il
résulterait de sa divulgation, des inconvénients infinis pour la
société.
Mais comment pouvoir se communiquer d’âges en âges ces
secrets admirables, et les tenir en même temps cachés au Public ? Le
faire par tradition orale, c’eût été risquer d’en abolir jusqu’au
souvenir ; la mémoire est un meuble trop fragile pour qu’on puisse s’y
fier. Les traditions de cette espèce s’obscurcissent à mesure qu’elles
s’éloignent de leur source, au point qu’il est impossible de
débrouiller le chaos ténébreux, où l’objet et la matière de ces
traditions se trouvent ensevelis. Confier ces secrets à des tablettes
en langues et en caractères familiers, c’était s’exposer à les voir
publics par la négligence de ceux qui auraient pu les perdre, ou par
l’indiscrétion de ceux qui auraient pu les voler. Bien plus, il fallait
ôter jusqu’au moindre soupçon, sinon de l’existence, au moins de la
connaissance de ces secrets. Il n’y avait donc d’autre ressource que
celle des hiéroglyphes, des symboles, des allégories, des fables, etc.
qui étant susceptibles de plusieurs explications différentes, pouvaient
servir à donner le change, et à instruire les uns, pendant que les
autres demeureraient dans l’ignorance. C’est le parti que prit Hermès,
et après lui tous les Philosophes Hermétiques du monde. Ils amusaient
le Peuple par des fables, dit Origène, et ces fables, avec les noms des
Dieux du pays, servaient de voile à leur Philosophie.
Ces hiéroglyphes, ces fables présentaient aux yeux des
Philosophes, et de ceux qu’ils instruisaient pour être initiés dans
leurs mystères, la théorie de leur Art sacerdotal, et aux autres
diverses branches de la Philosophie, que les Grecs puisèrent chez les
Egyptiens.
Les usages, les modes, les caractères, quelquefois même la façon de
penser varient suivant les pays. Les Philosophes des Indes, ceux de
l’Europe inventèrent des hiéroglyphes et des fables à leur fantaisie,
toujours cependant pour le même objet. On écrivit sur cette matière
dans la suite des temps, mais dans un système énigmatique ; et ces
ouvrages, quoique composés en langues connues, devinrent aussi
intelligibles que les hiéroglyphes mêmes. L’affectation d’y rappeler
les fables anciennes, en a fait découvrir l’objet ; et c’est ce qui m’a
engagé à les expliquer suivant leurs principes. On les trouve assez
développés dans leurs livres, quand on veut les étudier avec une
attention opiniâtre, et qu’on a assez de courage pour vouloir se donner
la peine de les combiner, de les rapprocher les uns des autres. Ils
n’indiquent la matière de leur Art que par ses propriétés, jamais par
le nom propre sous lequel elle est connue. Quant aux opérations
requises pour la mettre en oeuvre philosophiquement, ils ne les ont pas
caché sous le sceau d’un secret impénétrable ; ils n’ont point fait de
mystère des couleurs ou signes démonstratifs qui se succèdent dans tout
le cours des opérations. C’est ce qui leur a fourni particulièrement la
matière à imaginer, à feindre les personnages des Dieux et des Héros de
la Fable, et les actions qu’on leur attribue ; on en jugera par la
lecture de cet Ouvrage. Chaque chapitre est une espèce de dissertation,
ce qui lui ôte beaucoup d’agréments, et l’empêche d’être aussi amusant
que la matière semblait le porter. Je ne me suis pas proposé d’écrire
des fables, mais d’expliquer celles qui sont connues. On verra dans le
discours préliminaire les raisons oui m’ont déterminé à mettre en tête
des principes généraux de Physique, et un Traité de Philosophie
Hermétique. Il était indispensable de mettre par-là le Lecteur au fait
de la marche, et du langage des Philosophes, dès que je me proposais de
le faire entrer dans leurs idées. Il y verra les énigmes, les
allégories, les métaphores donc leurs écrits fourmillent. S’il en
désire une explication plus détaillée, il peut avoir recours au
Dictionnaire Mytho Hermétique, que j’ai mis au jour en même temps.
On demande si la Philosophie Hermétique est une
science, un art, ou un pur être de raison ? Le préjugé tient pour ce
dernier ; mais le préjugé ne fait pas preuve. Le Lecteur sans
prévention se décidera après la lecture réfléchie de ce Traité, comme
bon lui semblera. On peut sans honte risquer de se tromper avec tant de
savants, qui dans tous les temps ont combattu ce préjugé. N’aurait-on
pas plus à rougir de combattre avec mépris la Philosophie Hermétique
sans la connaître, que d’en admettre la possibilité si bien fondée sur
la raison, et même l’existence sur les preuves rapportées par un si
grand nombre d’Auteurs, donc la bonne foi n’est pas suspecte ? Au moins
ne peut-on raisonnablement contester que l’idée d’une médecine
universelle, et celle de la transmutation des métaux, n’aient été assez
flatteuses pour échauffer l’imagination d’un homme, et lui faire
enfanter des fables pour expliquer ce qu’il en pensait. Orphée, Homère,
et les plus anciens Auteurs parlent d’une médecine qui guérit tous les
maux ; ils en font mention d’une manière si positive, qu’ils ne
laissent aucun douce sur son existence. Cette idée s’est perpétuée
jusqu’à nous : les circonstances des fables se combinent, s’ajustent
avec les couleurs, et les opérations dont parlent les Philosophes,
s’expliquent même par-là d’une manière plus vraisemblable que dans
aucun autre système : qu’exigera-t-on de plus ? Sans doute une
démonstration ; c’est aux Philosophes Hermétiques à prendre ce moyen de
convaincre les incrédules ; et je ne le suis pas.
L’homme qui a permis
aux Israélites d’échapper à leur situation
d’esclaves en Egypte, qui a fait d’eux une nation et les a
conduits aux portes du pays promis à leurs ancêtres a une
histoire assez extraordinaire. Il fait partie des personnages les plus
importants de la Bible, puisque la tradition juive lui attribue la rédaction
des cinq premiers livres, nommés la Tora.
Alors que les hébreux souffrent de leurs condition d’esclaves
condamnés à construire les villes des Egyptiens, un
petit garçon naît dans la famille d’un descendant de
Lévi, un des douze fils de l’ancêtre Jacob. Sa
situation n’est pas très enviable. Le Pharaon, inquiet de
voir proliférer les Hébreux dans son pays, vient de décréter
que tous les enfants mâles doivent être tués à
la naissance. La mère de Moïse ne se résigne pas à
voir mourir son enfant et le cache dans un panier en osier enduit de poix
qu’elle dépose sur le fleuve Nil. Une fille de Pharaon trouve
le panier, s’émerveille devant l’enfant, et recrute
même la mère du petit garçon pour l’allaiter.
Elle lui donne le nom de Moïse, ce qui signifie « sauvé
(des eaux) ». La princesse fait donner à Moïse l’éducation
raffinée des princes de la cour de Pharaon.
La vie de Moïse bascule le jour où, voyant un
contremaître égyptien qui maltraite un esclave hébreu,
il se jette sur lui pour l’arrêter et le blesse mortellement.
Réalisant la gravité de son acte, Moïse est obligé
de s’enfuir et va se cacher dans le désert de Madian où
vivent des tribus nomades. Là, il fait la connaissance de Séphora,
la fille du prêtre et berger Jéthro et il l’épouse.
Quelques années plus tard, alors qu’il a
déjà des enfants, Moïse garde les troupeaux de son
beau-père non loin du mont Sinaï. Là, il est attiré
par un phénomène étrange : un
buisson semble en feu, mais ne se consume pas. Du milieu du buisson,
la voix de Dieu se fait entendre et demande à Moïse d’être
le libérateur de son peuple. Moïse doute de ses compétences,
mais près quelques hésitations il finit par accepter. Au
cours de cet épisode, Dieu révèle à Moïse
son nom bien étrange : « Je suis ».
A quelle date Moïse a-t-il vécu ?
La tradition juive, reprise ensuite par la tradition chrétienne, a longtemps
attribué à Moïse la rédaction des cinq livres de la
Tora.
Aujourd’hui, on considère que même s’ils contiennent
des documents anciens, ces livres ont été mis en forme plusieurs
siècles après l’époque où Moïse aurait
vécu. L’exode lui-même est difficile à dater dans
la mesure où aucun document extérieur à la Bible ne confirme
cet événement et où la Bible elle-même ne donne pas
le nom du Pharaon sous le règne duquel l’exode se serait produit.
L’hypothèse la plus communément admise situe l’exode
vers 1250 avant notre ère.
Secondé par son frère Aaron qui s’exprime plus facilement
que lui, Moïse
se rend chez le roi Pharaon et lui demande de libérer ses frères
hébreux. Bien entendu Pharaon n’est pas disposé
à libérer une main d’œuvre qui ne coûte
rien à son pays et il refuse. Par dix fois, Moïse va donc
annoncer à Pharaon l’arrivée d’une catastrophe
sur son pays, destinée à le faire réfléchir
et à le convaincre de laisser partir les hébreux.
Mais Pharaon résiste et s’entête. La
dixième des plaies est la plus terrible : la mort frappe chaque maison
en Egypte et tous les premiers nés des animaux ou des enfants, dans chaque
maison, périt. Pour se protéger de cette mort rampante, les hébreux
ont abattu un agneau dans chaque famille et ont badigeonné un peu de
sang de l’animal sur leur porte. Les juifs aujourd’hui encore commémorent
cet épisode dans la fête de la Pâque (= passage), car la
mort est passé à côté d’eux sans les frapper.
Lorsque Pharaon prend dans ses bras le corps mort de son fils aîné,
il se décide enfin à laisser partir les hébreux.
Moïse avait demandé aux hébreux de
sacrifier un agneau dans chaque maison, de prendre un peu de son sang
et d'en badigeonner les poteaux de leur porte d'entrée. Ce signe
du sang a permis au fléau de la mort des premiers nés d'épargner
les familles des hébreux. Beaucoup plus tard, les auteurs du Nouveau
Testament ont interprété la mort de Jésus à
la lumière de cet épisode : par son sang versé sur
la croix, Jésus permet que les humains soient sauvés de
la mort. Voilà pourquoi, les évangélistes le présentent
comme "l'agneau de Dieu", image qui a été très
souvent reprise dans l'art sacré ou dans la décoration des
églises.
Les Hébreux s’élancent donc en direction de la Mer
des Roseaux, cette zone marécageuse située entre l’extrémité
de la Mer Rouge et la Méditerranée. Entre temps, Pharaon
s’est ravisé. Il poursuit les fuyards avec ses chars de guerre.
Les Hébreux sont coincés devant ce bras d’eau. Dieu
demande alors à Moïse de lever son bâton et l’eau
est repoussée par un fort vent qui permet
aux Hébreux de passer à pied sec. Pharaon s’engage
lui aussi avec ses chars de guerre, mais les roue s’embourbent.
Lorsque le dernier hébreu est passé, l’eau revient
à sa place et engloutit les troupes de Pharaon.
Cette libération extraordinaire confirme aux yeux des Hébreux
que Dieu est avant tout un libérateur, celui qui délivre
les opprimés.
Le don de la loi et la marche dans le désert
Une fois débarrassés de leur bourreaux égyptiens,
les Hébreux ont besoin de s’organiser pour devenir une véritable
nation. Moïse monte alors sur le mont Sinaï où il reste
40 jours et là, il
reçoit de Dieu les lois et les instructions qui guideront la vie
sociale et religieuse du peuple d’Israël. On trouve parmi
ces lois des consignes pour rendre le culte à Dieu et lui apporter
des offrandes, des règles sur le mariage ou le divorce, des instructions
pour construire le sanctuaire mobile où les Israélites pourront
s’approcher de Dieu, des lois sur la propriété, des
consignes concernant l’alimentation ou la morale sexuelle. La vie
des Israélites, dans tous ses aspects, publique ou privée,
est ainsi placée sous le regard de Dieu. Les fameux dix commandement,
ou dix paroles constituent une sorte de résumé de ces lois.
Ils insistent sur le lien étroit entre le culte rendu à
Dieu et le respect du prochain.
Une des consignes principales données au peuple d’Israël
est de servir le Dieu qui l’a libéré de l’esclavage
de façon exclusive et de ne pas vouer un culte à d’autres
dieux que lui. Mais Israël aura bien du mal à respecter cette
consigne. Alors que Moïse est encore sur la montagne du Sinaï,
le peuple demande à Aaron de lui fabriquer la statue d’un
veau en or pour pouvoir l’adorer. C’est le début d’un
long combat entre les exigences formulées par Dieu et par les hommes
qu’il choisit comme porte-parole et le peuple d’Israël
qui trouve plus facile de rendre un culte à des divinités
que l’on représente à travers des statues.
Deux ans après la sortie d’Égypte, les Hébreux
sont aux portes du pays de Canaan, prêts à y entrer pour s’y
installer. Mais le pays n’est pas vide, des Cananéens y vivent.
Comment vont-ils réagir ? Moïse
envoie douze espions dans le pays pour vérifier si le pays pourra
les accueillir. Le compte rendu de mission des ces espions démoralise
le peuple qui se met à regretter d’avoir quitté l’Égypte.
Moïse doit alors faire face à une contestation et à des récriminations
qui viennent régulièrement empoisonner ses relations avec le peuple
d’Israël. Pour punir le peuple de son manque de confiance, Dieu le
condamne à rester 40 ans dans le désert, jusqu’à
ce que tous les gens qui sont sortis d’Egypte soient morts.
Moïse lui-même accompagne son peuple durant toutes ces années,
mais ne connaîtra pas le bonheur d’enter dans le pays promis par
Dieu à ses ancêtres.Il
meurt aux portes du pays de Canaan et c’est Josué qui conduira
le peuple pour entrer en Canaan.
Moïse a été un chef exceptionnel si l’on
considère qu’il a dû, toute sa vie, faire face à une
forte opposition : d’abord celle de Pharaon, puis celle des Hébreux.
Sa foi inébranlable dans le Dieu de ses ancêtres est le secret
de sa réussite. Il a réussi à donner aux croyants de tous
les temps une direction claire pour conduire leur vie. La Bible dit que Moïse
parlait avec Dieu directement et que Moïse rapportait ensuite au peuple
les paroles reçues de Dieu. Lorsqu’il descendait de la montagne,
le visage de Moïse rayonnait de la présence de Dieu. C’est
pour cette raison que l’on représente quelquefois Moïse avec
des rayons sur la tête ou même des cornes.
Libérateur et conducteur du peuple d’Israël pendant plus de
40 ans, Moïse est le modèle du chef qui conforme ses décisions
à la volonté de Dieu.
Médiateur entre Dieu et son peuple, il est le modèle du prophète
que Dieu utilise pour faire connaître sa volonté.
Fondateur de la religion d’Israël, il passe avec Aaron son frère
pour un modèle de prêtre, lui qui a si souvent prié pour
son peuple et obtenu le pardon de Dieu.